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Mini-stages 2025 dans les collectivités territoriales françaises.

Bureau de CLAIR Paris
Directeurs et directrice de recherche : Sekino, Yanagisawa, Fukushima et Tsuji

Le bureau de CLAIR Paris a mis en œuvre un programme de formation de courte durée, de type immersion professionnelle (OJT On-the-Job-Training), destiné aux fonctionnaires japonais détachés auprès des collectivités locales françaises. Baptisé « mini-stage », ce dispositif permet, sur plusieurs jours, d’étudier de près les structures administratives, les politiques culturelles et touristiques, ainsi que les projets d’aménagements portés par les territoires français.

Pour l’exercice 2025, quatre membres de CLAIR Paris ont ainsi été accueillis dans trois collectivités : la région Auvergne-Rhône-Alpes, la ville de Cannes et la ville de Saint-Gilles (département du Gard, membre de Nîmes Métropole). Retour, dans l’ordre chronologique, sur les principaux enseignements de ces immersions.

1/ Région Auvergne-Rhône-Alpes

Rapporteuse : Kaori TSUJI (détachée du département d’Aichi, signataire d’un mémorandum d’amitié, d’échanges et de coopération mutuelle avec la région Auvergne-Rhône-Alpes)

Les 11 et 12 septembre 2025, j’ai visité l’Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes à Lyon. J’y ai rencontré huit services et organismes en lien avec le domaine économique, dans lequel le département d’Aichi entretient des échanges avec la région, plus particulièrement autour du thème de la promotion de l’innovation. J’ai pu m’entretenir en détail avec chacun d’eux au sujet de leurs rôles et de leurs activités. Du contexte d’élaboration de la stratégie économique régionale aux dispositifs de soutien ciblant des secteurs stratégiques tels que l’industrie manufacturière, en passant par les perspectives et les défis à venir, j’ai pu acquérir une compréhension systématique et approfondie d’un large éventail de thématiques, abordées sous différents angles au sein de l’administration régionale.

Lors de la visite du Campus Région du numérique, qui accueille des établissements d’enseignement et de formation professionnelle dans les domaines du numérique et de l’industrie, ainsi que des entreprises, j’ai constaté que ce lieu réunit à la fois des espaces événementiels, des installations dédiées à la recherche et à l’innovation, et un bureau réseau soutenant les clusters régionaux et les entreprises. Sa structure de services permet ainsi à une grande diversité d’organisations, mais aussi à des individus allant des étudiants aux professionnels, d’en bénéficier. Des équipements multifonctionnels visant à encourager l’innovation existent également dans les collectivités japonaises ; toutefois, j’ai eu le sentiment qu’en définissant des domaines prioritaires, la région parvient à réaliser des investissements plus efficaces, en s’appuyant sur ses propres atouts.

Par ailleurs, si j’étais consciente des différences importantes existant entre les pratiques professionnelles japonaises et françaises, le fait de me rendre sur place et d’échanger directement avec les agents m’a permis d’acquérir une vision plus concrète de ces différences, qui me sera précieuse pour la conduite de futures coopérations avec des collectivités françaises.

Enfin, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des agents qui, malgré un emploi du temps chargé, nous ont accueillis avec bienveillance.

Kaori Tsuji aux côtés d’Antoine Le Roux, directeur général adjoint Économie, Formation, Enseignement supérieur, Innovation, International.
Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes.

2/  Ville de Cannes

Rapporteur : Masaichi FUKUSHIMA (détaché de la ville de Shizuoka, jumelée avec la ville de Cannes)

J’ai sollicité en novembre 2025 notre ville jumelle, la ville de Cannes, pour différentes visites et études auprès de la Direction des finances et de la Direction des risques majeurs. Les différences entre le système japonais de finances locales et le cadre de gestion administrative en vigueur ont été particulièrement intéressantes, et ce fut pour moi une occasion précieuse d’acquérir, avec un regard neuf, le sens pratique du terrain que seuls des discussions et des échanges directs de questions permettent d’obtenir.

J’ai constaté que le Palais des Festivals et des Congrès, infrastructure dédiée au MICE, est exploité avec un taux d’occupation élevé tout au long de l’année et qu’il constitue un pilier de l’activité de Cannes, comme l’illustrent en 2025 les 79 événements professionnels, les 340 jours d’activité, les 380.000 accrédités, ainsi que 89 manifestations culturelles, soit 168 rendez-vous au total. Par ailleurs, il m’a été expliqué que la ville doit également faire face à d’importantes dépenses permanentes liées à ses caractéristiques urbaines, telles que l’entretien du littoral et la préservation et le renouvellement des infrastructures aménagées en tant que station balnéaire. Dans ces conditions, il a été particulièrement marquant de voir comment l’administration municipale parvient à maintenir une discipline budgétaire, tout en hiérarchisant les projets et en améliorant continuellement l’efficacité organisationnelle, malgré des ressources limitées.

En outre, en tant que ville à forte attractivité touristique, Cannes est confrontée au défi de concilier la promotion du tourisme avec la préservation du cadre de vie et de l’environnement résidentiel, dans un contexte de diversification des formes d’hébergement et de séjour. La Direction des risques majeurs m’a également présenté l’effort engagé pour renforcer les dispositifs de prévention des catastrophes et de gestion de crise, adaptés à une ville accueillant un très grand nombre de visiteurs, ainsi que pour sensibiliser davantage les citoyens et les touristes.

Enfin, j’ai pu appréhender la situation actuelle de la ville de Cannes, qui se tourne vers une politique énergétique durable, développant notamment la thalassothermie, un système de chauffage et de climatisation utilisant l’énergie thermique marine, tout en faisant face à des défis urbains multiples et complexes. Bien que ses conditions environnementales et institutionnelles diffèrent de celles de la ville de Shizuoka, d’où je suis détaché, j’ai reçu de cette expérience de nombreux enseignements, en particulier en matière de politique touristique et de gestion urbaine.

Pour conclure, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Mme Amélie DELMAS, directrice du protocole et du développement international, à M. Yvan BERMOND, directeur financier, à M. Yannick FERRAND, directeur de la gestion des risques majeurs, ainsi qu’aux autres responsables et collaborateurs de la ville de Cannes, pour la préparation minutieuse et l’accueil chaleureux qu’ils m’ont réservé dans le cadre de cette formation. Je tiens également à adresser mes sincères remerciements à M. Alexis TAWFIK, Directeur commercial d’ENGIE Solutions, ainsi qu’aux autres personnes concernées, pour les explications détaillées qu’ils m’ont fournies sur la thalassothermie.


(en haut) Avec M. Bermond, directeur financier. (en bas) M. Ferrand, directeur de la gestion des risques majeurs

3/ Ville de Saint-Gilles (département du Gard)

Rapporteurs : Shohei SEKINO (détaché du département d’Ishikawa) et Masami YANAGISAWA  (détaché de la ville de Fukui)

Grâce aux liens établis à l’occasion du Programme d’étude de l’administration locale japonaise pour les cadres dirigeants de collectivités territoriales françaises et belges organisé par le bureau de CLAIR Paris, et avec la coopération de Vincent REY, directeur général des services de la ville de Saint-Gilles, nous avons pu effectuer un mini-stage de deux jours (les 4 et 5 décembre 2025) à Saint-Gilles et à Nîmes Métropole.

Nous avons notamment pu échanger en direct avec les cadres responsables au sujet de la politique du patrimoine culturel, de la politique touristique, de la coopération avec les universités, ainsi que de la coopération intercommunale à l’échelle élargie. Les contraintes juridiques relatives au développement régional et la promotion touristique au niveau national et international constituent des problématiques communes à nos deux pays, et nous avons estimé que celles rencontrées en France seraient d’une grande utilité comme référence pour notre pratique professionnelle future au Japon.

La coopération avec les universités a été particulièrement marquante. Au Japon, lorsqu’il est question de partenariats universitaires, il s’agit souvent de contenus axés sur l’enseignement destiné aux étudiants de premier cycle. En revanche, à Saint-Gilles, une collaboration très concrète et pragmatique a été mise en place avec des étudiants de master spécialisés en droit afin d’explorer des mesures juridiquement réalisables.

Par ailleurs, en ce qui concerne la coopération à l’échelle élargie dans le domaine du tourisme, nous avons réaffirmé l’orientation actuellement suivie au Japon. Les villes régionales japonaises souffrent d’un faible niveau de notoriété et doivent créer des flux de visiteurs en coopérant avec les destinations touristiques environnantes, mais ces initiatives n’en sont encore qu’à leurs débuts. À Saint-Gilles et à Nîmes Métropole, nous avons entendu, à diverses occasions, comment relier les ressources propres à chaque collectivité — telles que les chemins de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ou les canaux du Rhône — aux territoires voisins afin de mettre en place une stratégie intégrée d’attractivité. Le fait de constater que, même dans une grande nation touristique comme la France, la coopération à l’échelle élargie est considérée comme essentielle constitue pour nous un encouragement majeur pour la suite.

Enfin, nous tenons à exprimer une nouvelle fois notre profonde gratitude aux cadres dirigeants et à toutes les personnes concernées qui, malgré leurs emplois du temps chargés, ont bien voulu consacrer du temps à ce mini-stage.

Avec Vincent Rey, directeur général des services de la ville de Saint-Gilles.
L’abbatiale Saint-Gilles.